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On l’appelle la « Petite Finlande » : un plateau semé de centaines d’étangs, de tourbières et de forêts de bouleaux, au pied des ballons des Vosges. Le plateau des Mille Étangs est l’un des paysages les plus originaux de l’est de la France. Où se trouve-t-il exactement, comment s’est-il formé et quelles richesses naturelles abrite-t-il ?
Le plateau des Mille Étangs se situe dans le nord-est du département de la Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté. Bien qu’on l’associe souvent aux Vosges, il n’est pas dans le département des Vosges : il appartient au massif vosgien, dans sa partie sud appelée Vosges saônoises ou Vosges comtoises. Il s’étend entre la vallée de l’Ognon et celle du Breuchin, sur plus de 220 km².
Les principaux villages qui y donnent accès sont Mélisey, Faucogney-et-la-Mer, Servance-Miellin, Écromagny, Esmoulières, Beulotte-Saint-Laurent et La Longine. Le secteur est inclus pour l’essentiel dans le Parc naturel régional des Ballons des Vosges. Luxeuil-les-Bains et Lure sont les villes les plus proches.
Il y a plus de 12 000 ans, à la fin de la dernière période glaciaire, des glaciers descendus des sommets vosgiens recouvraient la région. En se retirant, ils ont laissé un relief de roches anciennes, rabotées et creusées de multiples cuvettes, et des dépôts morainiques qui retiennent l’eau. Sur ce socle cristallin imperméable, sous un climat frais et humide de moyenne montagne, l’eau s’est accumulée dans les dépressions, formant marais et tourbières.
Le plateau s’étage en plusieurs niveaux, entre environ 300 mètres dans les vallées et près de 800 mètres sur les hauteurs. Les blocs erratiques, rochers transportés puis abandonnés par les glaciers, sont encore visibles par endroits.
Le nom « Mille Étangs » est une image plus qu’un décompte. Les estimations varient selon la zone prise en compte : la fiche du site Natura 2000 recense plus de 1 200 étangs sur son périmètre, tandis que d’autres sources avancent environ 850 étangs pour le plateau au sens strict. Ils sont généralement petits : les trois quarts couvrent moins d’un hectare et la moitié moins de 50 ares. Le plus grand, l’étang d’Arfin, atteint une vingtaine d’hectares. L’eau ne représente au total que quelques pour cent de la surface du plateau, la forêt dominant largement le paysage.
Si les cuvettes sont naturelles, la plupart des étangs ont été aménagés par l’homme. Dès le Moyen Âge, des digues sont construites pour retenir l’eau et élever du poisson, notamment sous l’impulsion des communautés religieuses. La gestion traditionnelle reposait sur la vidange régulière des étangs, tous les deux ou trois ans, suivie d’une mise à sec de quelques semaines à quelques mois, qui permettait de récolter le poisson et d’enrichir le fond. Aux XIXe et XXe siècles, les réserves d’eau ont aussi servi aux industries textiles et papetières des vallées.
Aujourd’hui, la majorité des étangs sont privés et utilisés pour les loisirs, la pêche ou laissés à l’abandon. Le paysage a lui aussi évolué : la forêt, qui couvrait environ 30 % du territoire au début du XXe siècle, en occupe désormais plus de 60 %, en raison de l’exode rural et des plantations de résineux.
Le plateau est classé en zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) et largement intégré au réseau européen Natura 2000. Ses étangs aux eaux acides et peu minéralisées forment, selon les services de l’État, un ensemble de milieux humides parmi les plus précieux de France.
Autour des étangs, la végétation se dispose en ceintures concentriques. Dans les eaux les plus pauvres poussent des utriculaires, plantes carnivores aquatiques, ainsi que le nénuphar nain. Les tourbières abritent des plantes boréo-arctiques, héritées des périodes froides, comme l’andromède ou le rossolis, petite plante carnivore aussi appelée droséra. Le flûteau nageant, plante aquatique rare, ne subsiste en Franche-Comté que sur une seule station, située sur le plateau.
La tourbière de la Grande Pile, à Saint-Germain, au sud du plateau, est une référence internationale pour l’étude des climats et de la végétation du passé : ses couches de tourbe accumulées depuis des dizaines de milliers d’années conservent les pollens qui permettent de reconstituer l’histoire des paysages.
Les ruisseaux du plateau, de très bonne qualité, abritent l’écrevisse à pieds blancs, espèce menacée, ainsi que le chabot, la lamproie de Planer et la truite. Dans les tourbières vole la leucorrhine à gros thorax, une libellule protégée en Europe. Les forêts accueillent de nombreux pics, dont le pic noir et le pic mar, la bondrée apivore et la gélinotte des bois, tandis que la pie-grièche écorcheur fréquente les prairies et les haies. Les anciennes galeries de mines de Château-Lambert, exploitées aux XVIIe et XVIIIe siècles, servent de refuge à plusieurs espèces de chauves-souris.
Le plateau se découvre à pied, à vélo ou en voiture. La route des 1000 Étangs, boucle d’environ 60 km au départ de Mélisey, relie les principaux sites : voir notre guide du plateau des Mille Étangs en voiture. Les marcheurs trouveront de nombreux circuits balisés dans notre sélection de randonnées. À ne pas manquer également : le Saut de l’Ognon à Servance et les crêtes du Ballon de Servance. Quelques images des abords d’un étang du plateau sont visibles sur ce site.
Fragile, ce milieu demande quelques précautions : rester sur les chemins près des tourbières, respecter les propriétés privées et ne pas cueillir les plantes protégées.
En Haute-Saône, dans le nord-est du département, en région Bourgogne-Franche-Comté. Il fait partie du massif des Vosges, dans les Vosges saônoises.
Pour ses paysages d’étangs sombres, de bouleaux et de forêts qui rappellent ceux de la Finlande, le pays dit « des mille lacs ».
Les glaciers de la dernière glaciation ont creusé des cuvettes il y a plus de 12 000 ans. Depuis le Moyen Âge, l’homme a construit des digues pour en faire des étangs piscicoles.
Les estimations varient d’environ 850 à plus de 1 200 selon le périmètre retenu. La plupart font moins d’un hectare.
Mis à jour le 3 novembre 2026
