
Accueil › Plateau des Mille Étangs › Fort de Servance : histoire du fort du Ballon et randonnée

Dominant le sud du massif des Vosges du haut de ses 1 216 mètres, le Ballon de Servance porte à son sommet un fort militaire construit à la fin du XIXe siècle, aujourd’hui encore occupé par l’armée. Si le fort lui-même ne se visite pas, la montée au col et la courte randonnée sur les crêtes offrent l’un des plus beaux panoramas de la région. Histoire, accès et conseils pour une visite réussie.
Le ballon domine d’un côté la vallée de la Moselle, de l’autre les Vosges saônoises et le plateau des Mille Étangs. Ses pentes forestières et ses chaumes sommitales en font un site naturel remarquable.
Après la guerre de 1870-1871, la France perd l’Alsace et une partie de la Lorraine. La nouvelle frontière avec l’Empire allemand passe désormais sur les crêtes des Vosges, à quelques kilomètres seulement du Ballon de Servance. Pour protéger le territoire, le général Raymond Adolphe Séré de Rivières conçoit à partir de 1874 un vaste programme de fortifications le long des frontières de l’Est, connu sous le nom de « système Séré de Rivières ».
Le fort du Ballon de Servance, également appelé fort Scherer, est construit entre 1877 et 1879 dans le cadre de ce programme. Il s’inscrit dans le réseau défensif organisé autour de la place forte de Belfort. Ses pièces d’artillerie devaient battre la route du Ballon d’Alsace et la haute vallée de la Moselle. Le fort était relié par télégraphe électrique à ceux de Giromagny et de Château-Lambert.
Selon les données historiques disponibles, le fort était prévu pour une garnison de plus de deux cents hommes en temps de paix, effectif qui aurait atteint plusieurs centaines de soldats, dont une quinzaine d’officiers, au début de la Première Guerre mondiale. La construction a nécessité l’ouverture d’une route d’accès depuis le col des Croix, que l’on emprunte encore en partie aujourd’hui. Un hôtel, construit vers 1880 au service de la garnison et des visiteurs, a depuis disparu.
Au XXe siècle, la position stratégique du sommet change de nature. À partir de 1951, une station radar militaire s’installe dans le fort, et le site devient un élément de la surveillance de l’espace aérien. Les grandes antennes et la tour visibles de loin appartiennent à cette installation, rattachée à la base aérienne 116 de Luxeuil-Saint-Sauveur. Le sommet reste donc un terrain militaire : la route qui y mène est fermée à la circulation et l’accès au fort est interdit au public.
Faute de pouvoir visiter le fort, on peut profiter des crêtes grâce à une boucle courte et accessible.
Depuis le parking, le sentier suit le GR 59 en direction du sommet, franchit une barrière de pâture (à refermer derrière soi) puis rejoint un point de vue sur la vallée de la Moselle, avec les villages de Fresse-sur-Moselle, Saint-Maurice-sur-Moselle et Bussang en contrebas. Le retour passe par une stèle commémorative et le chalet Sailley, un abri équipé de tables. Attention : l’eau de la fontaine voisine n’est pas potable.
Par beau temps, la vue porte sur une grande partie du massif : Ballon d’Alsace, Grand Ballon, crêtes vosgiennes et vallée de la Moselle. Par temps très clair, en particulier en automne et en hiver, les sommets des Alpes suisses peuvent se dessiner à l’horizon.
Le fort de Servance n’était pas isolé : le fort de Château-Lambert, à Haut-du-Them-Château-Lambert, et les ouvrages autour de Giromagny et du Ballon d’Alsace complétaient le dispositif. Le village de Château-Lambert abrite aussi le musée départemental de la Montagne, consacré à la vie rurale d’autrefois. Pour poursuivre la découverte du secteur, voir nos guides des randonnées sur le plateau des Mille Étangs et du Saut de l’Ognon.
Non. Le fort, au sommet du Ballon de Servance, est un site militaire toujours en activité. L’accès est interdit, mais on peut randonner sur les crêtes voisines.
Entre 1877 et 1879, dans le cadre du système de fortifications conçu par le général Séré de Rivières après la guerre de 1870-1871.
Le sommet culmine à 1 216 mètres. Le parking du col se situe un peu plus bas, autour de 1 150 mètres.
Par la route départementale entre le col des Croix et Plancher-les-Mines, jusqu’au parking du col, puis à pied sur le GR 59.
Mis à jour le 3 novembre 2026
